Nos racines entrelacées

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21 janvier 2025

L'affaire du pamphlet ( en cours d'écriture, un peu de patience)

Histoire bien connue dans la famille !!

 

Entrons au numéro 4, rue de la Contrescarpe, dans le 11ème arrondissement de Paris.
L'ancienne rue de la Contrescarpe, située dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, correspond aujourd'hui au boulevard de la Bastille. Auparavant, cette voie était connue sous le nom de rue des Fossés Saint-Antoine en 1760.
Le 4, rue de la Contrescarpe, dans l'ancien 11ᵉ arrondissement de Paris, correspond aujourd'hui au 4, boulevard de la Bastille. 
Nous sommes chez Charles et Marie Anne de Savare du Moulin.

 

Dans un premier temps, installons les personnages.


Charles est procureur du roi et hommes de lettres; il est né le 15 août 1783, à Cellettes, au château d'Ornay, dans le Loir et Cher.


Son père est Pierre Jacques François Savare du Moulin, seigneur d'Ornay, ancien chevau léger de la Garde du Roi et maire de Cellettes.
Sa mère est Claude Jeanne de Brunyer de Villesablon, descendante du médecin de Monsieur Gaston d'Orléans, Abel Brunyer.
Son parrain est Charles Jacques Lambert de la Riffaudière, écuyer, Seigneur de la Riffaudière, qui une fois tombé en veuvage, se remarie avec une demoiselle Savare.
Et sa marraine est Marie Madeleine de Boisgueret de la Vallière, épouse du parrain.


Quant à Marie Anne, elle est née à Liège, le 24 mai 1781, elle est baptisée dans l'église de Notre Dame aux Fonts.
Par contre, je ne sais pas si c'est nom est Modave ou de Modave .. cela change d'un acte à l'autre.
Certains nobles ont laissé la particule de côté lorsque cela ne les arrangeait pas.


 

Nos Sosa 39 et 38.

Sophie naît le mardi 24 juin 1816, à Paris, dans le 11ème arrondissement.
Elle est baptisée le 2 juillet, à l'église Saint Sulpice.

Les parents de Sophie sont Charles Casimir de Savare du Moulin, procureur du Roi à Paris et homme de Lettres, et Marie Anne de Modave.
La famille habite au n°4 de la rue de la Contrescarpe, dans le 11ème arrondissement de Paris.

Sophie est légitimée par le mariage de ses parents, en 1822.

Son parrain est Louis Anne Darras, maître horloger, demeurant rue de Cléry n°2, et sa marraine, Charlotte Marie Sophie Wantin de Saint Charles, surveillante à l'hopital de La Pitié Salpétrière, épouse de Louis Anne Darras.

 

Puis survient .. l'histoire du pamphlet

La famille habite alors, rue Jacob, au n°8, dans le 6ème arrondissement de Paris.

Source: Google map

 

L'histoire du pamphlet
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En mars 1832, Charles Casimir, partisan de Marie Caroline, la duchesse de Berry, et donc de son fils, Henri, prend fait et cause contre le roi Louis Philippe, il fait circuler un pamphlet et la famille est alors contrainte à l'exil, et part s'installer à Liège.

Il est l'auteur d'une caricature dénommée " L'araignée",

 

Source: La Quotidienne, du 28 mars 1832

Source: La Quotidienne, du 31 mars 1832

Source: La Quotidienne, du 11 mai 1832

Source: La quotidienne, du 28 juin1832

Et la fameuse araignée ..

 

La présente lithographie est d’une grande rareté. Ce n’est pas étonnant, car son apparition et sa première diffusion firent scandale au printemps 1832. Nul autre que le « Roi citoyen » Louis-Philippe est représenté comme une araignée (son corps montre l'image du roi), assise dans sa toile et étendant ses longues pattes pour saisir tout ce qu'elle peut saisir. Leurs proies sont : la liste civile, la "liste incivile", les (idées de) révolution sous la forme du bonnet jacobin et la tête de Louis décapité dans le gouvernement de Louis-Philippe avec également deux seringues à lavement. Le jeu de mots entre « araignée » et « à regner », prononcé de manière similaire, confirme cette critique, puisque deux traductions sont possibles : « Cet animal s'appelait une araignée », mais aussi « Cet animal était appelé à régner ».

 

Charles-Casimir Savare du Moulin (1783 Cellettes - 1842 Liège) est étroitement lié à la création et à la diffusion de ce tableau qui ne peut guère être qualifié d'autre qu'une caricature. Il est un contemporain du roi citoyen dont il est désormais difficile de retracer la biographie. Il était partisan de Marie Caroline, duchesse de Berry, qui souhaitait voir son fils Henri, petit-fils du roi Charles X, sur le trône de France. Ceci explique l'attitude critique, voire haineuse, de Savare du Moulin à l'égard du roi Louis-Philippe. Ses activités contre lui l'obligent finalement à quitter la France et à s'installer à Liège, ville natale de son épouse, Marie-Anne de Modave. Officiellement, Savare du Moulin se décrit comme un « lettré », un titre de métier plutôt coloré à l'époque.

 

Savare du Moulin peut très probablement être considéré comme l'initiateur intellectuel de la lithographie. En mars 1832, une copie de la lithographie - ainsi que d'autres caricatures lithographiées - lui fut confisquée. Le parquet accusa Savare du Moulin d'avoir personnellement insulté le roi ; il fut convoqué devant la "police correctionnelle", notamment parce que la publication du graphique n'avait pas été enregistrée et que le nom d'un lithographe ou d'un éditeur était (volontairement) omis. Nous connaissons ces événements par les récits de "La Quotidienne", qui rendaient compte des débats des 28 mars, 31 mars, 11 mai et enfin 28 juin 1832. Le 31 mars, on écrit : « La simple observation de cette lithographie (selon le réquisitoire du parquet) suffit à déterminer qu'elle constitue une insulte à la personne du roi des Français, qu'elle compare à un insecte venimeux qui... ... nourris d'or et de sang. L'avocat de Charles-Casimir Savare du Moulin argumente astucieusement que la loi sur la presse en matière de lèse-majesté ne s'applique qu'aux écrits et ouvrages politiques. Il plaide sans succès et Savare du Moulin est condamné à 1 000 francs d'amende. Cependant, apparemment en raison d'une erreur de procédure, il a récupéré les graphiques confisqués.

Source: Neumeister

La famille est priée de quitter Paris et s'installe rue Saint Séverin, à Liège.

 

Sophie se marie
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Sophie se marie à l'âge de 18 ans, le 2 avril 1835, à Liège, avec Bertrand Joseph Salkin.
Les époux ont 13 ans de différence.

Le couple et sa fille Anna font l'objet à Marche (aujourd'hui Marche en Famenne) d'une "reconnaissance de considération publique" qui décrit :

"... jouissent de l'estime et de la considération publiques, tant sous le rapport de la moralité que sous celui de l'état qu'ils exercent ou du rang qu'ils occupent dans la société ; que par leur caractère bienveillant, leurs relations faciles et de bonne amitié, comme aussi par leur position de fortune, ils ont conquis à Marche une place des plus honorables et se sont concilié les sympathies de tous"...

Marche le 23 mars 1862

La famille habite rue du palais de justice.

Acte de mariage, page 635,

L'affaire du pamphlet, et le papa de Sophie
Le portrait de Sophie

Le portrait de Sophie

La descendance
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Sophie et Bertrand ont 6 enfants,

Edmond Joseph Emile
Sophie Charlotte Anna
Amédée
Julie Amélie
Armand Joseph Isidore
et Théodore Joseph Casimir

 

Leur fille, Anna, et son mari, Philippe Baugnet, nos ancêtres avec qui je termine cette branche de notre arbre commun :O)

 

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20 janvier 2025

Jacques Savare, notre mousquetaire

Sa signature

 

1684

Jacques ( notre Sosa 624) voit le jour le dimanche 30 août 1684, à Blois, dans la paroisse Saint Honoré.
Ses parents sont Jacques Savare et Marguerite Jouan de Parçay.
Son parrain est César Raffard, seigneur d'Aubigny.
Sa marraine, Marie de Nyau.
 

L'acte de baptême de Jacques

Page 92

1689
Son père, Jacques Savare, meurt.
Il fut " escuier, chef de gobelet du roi", il fut nommé capitaine des Montils en 1672 par lettres patentes du roi Louis XIV.

Source: Histoire des Montils

 

 

Le portrait de Jacques, conservé au château du Moulin

Le portrait de Jacques, conservé au château du Moulin

Le blason des Savare, d'azur, au chevron d'argent, accompagné de 3 trèfles d'or, posés 2 en chef, 1 en pointe; l'écu timbré d'un casque d'argent, taré de profil, fermé de 5 grilles et orné de ses lambrequins d'or, d'argent et d'azur

 

Blason de Baudouin Savare, en 1208. Source: BNF

 

Extrait d'Hozier, source: BNF

 

 

1704-1709

Jacques fut mousquetaire de la seconde compagnie, de 1704 à 1709.
Il participe aux batailles de Ramillies ( 1706) et d'Audenarde ( 1708), deux engagements des guerres de succession d'Espagne,

Bataille d'Audenarde, le 11 juillet 1708, source: Wikipédia

Marche des mousquetaires gris, sous Louis XIV, régnant de 1653 à 1715


1711-1716
A partir de 1711 jusqu'au 29 octobre 1716, il est écuyer de main de Marie Louise Elisabeth d'Orléans, duchesse de Berry.

 

Marie Louise Elisabeth d'Orléans, dite La Jouflotte

 

Qu'est ce qu'un écuyer de main ?

L'écuyer supervise tout ce qui concerne les écuries de la duchesse, il s'occupe de la sélection et du dressage des chevaux et supervise également tout l'équipement inhérent aux chevaux.
Il accompagne la duchesse lors de ses sorties à cheval.

En résumé, l’écuyer de main au service d’une duchesse n’était pas seulement un expert équestre, mais aussi un accompagnateur raffiné, un conseiller, et un gestionnaire des écuries, jouant un rôle crucial dans la vie publique et privée de sa maîtresse.

 

1720

Jacques et Louise se marient le mardi 10 décembre 1720 dans leur église de Lassay sur Croisne.
Jacques a 36 ans et Louise, 19.

L'acte de mariage de Louise et Jacques

Signatures des mariés et de leurs témoins, l'acte se trouve pages 159 et 160

 

Louise Thérèse de Barbançon de Champleroi, son épouse, dame du Moulin, née à Romorantin Lanthenay, le 16 novembre 1701.
Elle est la fille de François Valéran de Barbançon de Champleroi et de Marie Boutillier.
La famille descend des barons de Barbançon, originaires de l'actuelle Belgique.

 

Portaits de Louise et Jacques, conservés au château du Moulin,

 

 

L'acte de baptême de Louise,

Page 20

Sa marraine est dame Louise Boutillier, épouse de François Thuaut, seigneur de Debois Plessis et son parrain, Louis Joseph de Barbançon, chevalier, seigneur du Moulin et oncle de Louise.

 

Les armoiries de François Valéran de Barbançon, père de Louise,

Source: BNF

 

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Le couple aura six enfants,

Louis Jacques, 1721
Léon Jacques, ca 1723-1726
Michel, 1724-1766, notre ancêtre, qui fut gendarme de la garde du roi
Jacques Guillaume Louis, 1728-1729
Marie Anne Thérèse, 1729
Louise Anne, 1731

 

1731
Louise meurt deux semaines après la naissance de son sixième enfant.
Elle est inhumée dans la paroisse Saint Honoré, de Blois.

 

1758

Jacques nous quitte le mardi 22 août 1758, à Candé sur Beuvron.
Il est inhumé dans la sépulture familiale, dans l'église Saint Honoré, de Blois.
Hélas, les révolutionnaires rasent cette église en 1792 ..

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En savoir un peu plus ..

 

Jacques était propriétaire de l'hôtel Savare, 11, rue Chemonton, à Blois.
Après son mariage, il entreprend la restauration du château du Moulin, propriété de son épouse, ainsi que de l'église de Lassay.

Comme nous l'avons appris grâce aux lettres patentes que Jacques demanda pour confirmation de noblesse, il était mousquetaire dans la seconde compagnie.
Ses lettres reprennent également une bonne partie de la généalogie des seigneurs du Moulin, ainsi-que celle de Jacques; pour ce qui concerne les seigneurs du Moulin, nous nous y intéresserons dans un autre article :O)

 

Nous savons donc, via la date sur le document,que Jacques fait établir ces lettres en 1705, alors qu'il est déjà mousquetaire.
Jacques Savare a donc sollicité ces lettres patentes afin de faire établir officiellement sa noblesse. Cette démarche était essentielle pour lui permettre de conserver son rang au sein du corps prestigieux des mousquetaires, où l'extraction noble était une condition requise pour servir. En régularisant ainsi sa situation, il entendait garantir sa place et poursuivre sa carrière au sein de cette élite militaire.

Source: BNF, document daté du 10 septembre 1705, Paris

Transcription,

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous présents et à venir, salut.
Notre ami Jacques Savare, l'un des mousquetaires servant actuellement en Flande dans la seconde compagnie de nos mousquetaires, nous a très humblement fait remontrer qu'il est issu d'une ancienne noblesse, et que son défunt père, Jacques Savarre, écuyer, chef de gobelet de notre maison, et qui épousa damoiselle Marguerite Jouan, au mois de novembre 1683, était fils de Maturin Savare, écuyer, seigneur de Boisguillot et de damoiselle Marguerite Carré

 

 

 

Mousquetaires gris à l'assaut de Valenciennes, par Jean Alaux

Mousquetaires gris à l'assaut de Valenciennes, par Jean Alaux

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Sources,

 

Sur Internet,
- Des chevaux et des mousquetaires dans le Paris des 17ème et 18ème siècles, Julien Wilmart

 

 

Bibliographie,

- Le château du Moulin, par Louis de la Saussaye, Blois 1877

 

En photos,
- Les photos de Zou, au château du Moulin :O)

 

 

Faisons un bond en avant dans le temps, l'article suivant nous emmène au 19ème siècle, chez l'arrière-petit-fils de Jacques, Charles Casimir de Savare du Moulin, et sa fille, Sophie, notre arrière-arrière-arrière-grand-mère ..

 

 

 

 

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